Mandala & Yantra originel d' Harmonisation

Mandala & Yantra

Mandala et Yantra qui favorisent par la visualisation libre l'intériorisation et l'unification dans le coeur des différents plans physique ethérique émotionnel mental causal et spirituel de la conscience.

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 L'homme a le moyen de communiquer une expérience indicible parce qu’elle touche à une transcendance, ou bien parce qu’elle est si nouvelle qu’elle change totalement le cours de sa vie.

Par là, il a la possibilité de dire une chose et son contraire -par exemple « le soleil de minuit »-, ou une réalité et son complémentaire -l’androgyne-, le sens caché qui donne de la profondeur à un objet quotidien -la pureté dans l’eau, la transformation dans le feu…

Dhâranâ et dhyâna, leurs modalités, leurs supports, leurs effets, se situent essentiellement au niveau symbolique, ce qui ne veut absolument pas dire qu’ils soient illusoires, mais au contraire que l’individu, dans ces états, utilise toutes les potentialités du symbole, trop souvent mal comprises et donc méconnues.

Un symbole n’enserre rien, il n’explique pas, il renvoie au delà de lui-même vers un sens encore dans l’au-delà, insaisissable, obscurément pressenti, que nul mot de la langue que nous parlons ne pourrait exprimer de façon satisfaisante ». Il met ainsi en lumière la fonction prospective du symbole, qui recèle une potentialité nouvelle, non encore intégrée, non encore comprise. C’est ce qui fait sa force et son attrait: quand le yogi se donne comme supports de concentration certains schémas traditionnels, c’est pour en interroger le « sens caché », et nous verrons combien ce sens est important.

Les symboles, tels que l’individu les reçoit, proviennent de deux sources. Soit ils naissent par génération spontanée, du plus profond de l’âme individuelle dont ils expriment la nature particulière dans des rêves, des visions, ou dans el cours du processus de la création artistique. Soit ils sont pro-posés par les cultures, qui établissent alors un répertoire précis des images et de leurs significations, pour l’usage de la communauté. On parlera dans un cas de « symboles psychiques », et dans l’autre de « symboles traditionnels », communicables, stables et aptes à servir de supports pour des exercices d’intériorisation. Moins mobiles, moins imprévisibles, ils ont déjà été éprouvés par d’autres, et l’effet de leur contemplation est connu; on les a également nettoyés et dégagés des composantes individuelles, afin d’en faire des images-types, d’intérêt général qui favorise l'éveil et la vie en harmonie.

YANTRA

Il me semble que le mot yantra désigne le résultat du processus au terme duquel des symboles purifiés n’expriment plus que l’essentiel, et exigent de la conscience une attention dirigée, maîtrisée, bien loin de l’imagination libre. Le sens de ce terme est à peu près le suivant « Figure géométrique tracée matériellement ou mentalement pour dompter le mental et maîtriser les forces cosmiques », « moyen mnémotechnique ». Son support étymologique, le verbe yam, se retrouve dans des mots que les yogis connaissent par coeur: yama, niyama; le suffixe tra indique l’instrument ou le moyen. Yantra, c’est donc un « moyen pour retenir », et il faut jouer ici sur les deux sens du français « retenir » : « discipliner » ou « réfréner », et « mettre en mémoire ». […]

MANDALA

Les yantra les plus élaborés appartiennent à la catégorie des mandala, dont le sens premier est « disque, cercle, sphère », « toute figure géométrique apparentée ou cercle », et donc centrée. Mais l’extension du terme est plus vaste, puisqu’on l’utilise pour parler d’un district géographique, ou d’un chapitre de livre sacré. L’idée sous-jacente est celle de structure, d’ordre cohérent soutenant une réalité, cette organisation pouvant être exprimée par un plan ou un dessin. L’iconographie des mandala sera donc toujours liée, dans les différentes spiritualités de l’Inde, à la notion fondamentale de « loi » ou de « norme », et quel que soit le niveau où celle-ci fonctionne, elle peut toujours être représentée par un ensemble articulé de parties s’opposant et se complétant. Je distinguerai ici, par souci pédagogique, trois « étages » principaux de la symbolique des mandala.

Tout d’abord, les mandala figurent le cosmos.

Deuxième niveau le mandala exprime la présence d’une réalité qui transcende la conscience humaine, divinité créatrice et protectrice du monde, ou principe neutre absolu visualisé comme un centre vide. Tous les grands dieux du panthéon hindou, toutes les formes tantriques du Bouddha ont ainsi leurs mandala consacrés, à la fois oeuvres d’art et objets de méditation.

Troisième niveau, le plus important, en ce sens qu’il donne la clef du rôle du mandala dans dhâranâ et dhyâna: il est un symbole de l’âme humaine. « Qui l’utilisait cherchait moins un retour au centre de l’univers qu’à se défaire des expériences de la psyché pour parvenir à un état de concentration afin de retrouver l’unité de la conscience, une conscience recueillie et attentive, restaurant en soi même le principe idéal des choses. Le mandala n’est plus un cosmogramme, mais un psycho-cosmogramme. Il est le schéma de la désintégration de l’Un dans le multiple et de la réintégration du multiple à l’Un, à la conscience absolue, intégrale et lumineuse qui, grâce au yoga, peut à nouveau briller au plus profond de notre âme ». Cela veut dire qu’il projette sous une forme imagée le drame de la conscience humaine, sa nature et sa voie d’évolution.

Comme symbole du Soi, il démarque le labyrinthe vers une intériorité sacrale, fondement de la psyché, sans lequel les autres analogies demeurent occultées et inopérantes. Cette dernière démarche constitue la particularité du ou des yoga. Elle suppose que l’individu, dans certaines conditions privilégiées, puisse trouver en lui–même les moyens de sa transformation spirituelle et accéder à une totalité pleine et entière. Or il a besoin, pour accomplir cette mutation fondamentale, de supports concrets, même si, en se perfectionnant, il parvient à l’état de « méditation sans support », considérée comme supérieure, parce que l’image même, dernier bastion de la conscience ordinaire, y est abolie.”